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La Laïcité : ou l’histoire d’une longue quête des citoyens à la recherche du « vivre ensemble ».

 L’histoire de l’Amicale Laïque s’inscrit dans l’histoire des luttes pour la Laïcité.
 La longue marche de la laïcité.
 L’œuvre de la Révolution.
 Le concordat.
 La loi de 1905 ne définit pas ces valeurs mais fixe les relations entre la république et la religion.
 La citoyenneté dissociée de la Croyance.
 Aujourd’hui comme hier l’ALCH.

En 1905 la République française promulgue une loi qui sépare l’Etat et les cultes. Elle assure ainsi la liberté de conscience de chaque citoyen. On peut désormais être religieux, agnostique ou athée sans être favorisé ou défavorisé. La loi de 1905 fut un moment fort de l’histoire des libertés en France. L’année 2005 sera celle de sa commémoration…

L’histoire de l’Amicale Laïque s’inscrit dans l’histoire des luttes pour la Laïcité.
Dans notre région, l'histoire des Amicales Laïques est intimement liée à celle de l'implantation et du développement d'une école publique dans chacune de nos communes. L'Amicale Laïque de la Chapelle-Heulin ne fait pas exception à ce processus. Longtemps hostiles la république, les responsables politiques de notre région ont pendant des décennies lutté contre la mise en place des écoles publiques considérées dans le contexte culturel dominant comme l'école du diable. A la Chapelle-Heulin, bien que peu de témoignages subsistent, dès la première moitié du xx ème siècle, la solidarité est organisée autour de l'école en lien avec le mouvement laïque. A la libération, l'Amicale Mixte des Elèves et des Anciens Elèves dépose ses statuts qui seront modifiés en 1958 pour donner naissance à l'Amicale Laïque actuelle.

Les amicales laïques ont pour but, d’œuvrer pour l’action en faveur de l’école publique et de l’éducation populaire (art.1 des statuts l’ALCH DE 1958). L’Eglise catholique occupait encore en 1958, un quasi monopole en milieu rural, dans le domaine de l’éducation au travers de ses écoles et de ses patronages. Les amicales laïques allaient défendre et soutenir les écoles publiques, et promouvoir les valeurs de la laïcité.


La longue marche de la laïcité
La cohésion entre Église et État monarchique se disloque à la fin de l’Ancien Régime. En 1785, Louis XVI édicte les mesures de tolérance à l’égard des protestants et des juifs, ouvrant la voie à la reconnaissance de la pluralité des confessions. Puis, c’est l’avancée essentielle de la Révolution, qui substitue la légitimité du peuple souverain à la monarchie de droit divin. Cependant, l’égalité religieuse est loin d’être réalisée. La révolution inaugure un processus de laïcisation qui se poursuivra au cours du XIXe siècle, à travers les aléas d’une histoire tendue par la construction de l’Etat nation et par l’instauration de la République.




L’œuvre de la Révolution
Avec la Révolution, l’Église catholique perd le rôle éminent qu’elle tenait sous l’Ancien Régime. Ainsi, grâce à l’institution d’un état civil laïque, les protestants et les juifs deviennent citoyens à part entière.
La dissociation entre le politique et le religieux ne sera pas immédiate. Les libertés de conscience et de culte seront un acquis, mais elles n’entraîneront pas la séparation des Églises et de l’état.
L’apport essentiel de la Révolution, malgré de nombreuses lois parfois contradictoires, est d’affirmer les principes de la liberté de conscience et de culte.
La grande référence reste la déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 qui proclame : «Nul ne peut être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi.»

Une affaire de mots et d’idées
Le mot « laïcité » apparaît en 1871, dans le journal La Patrie, à propos d’une polémique sur l’instruction religieuse dans l’enseignement. Dès 1873, les dictionnaires introduiront dans leurs colonnes, d’abord l’adjectif « laïque », puis le substantif « laïcité ». Le premier sens remonte au Moyen Âge, le second s’impose au XIXe siècle, avec le concept de neutralité religieuse de l’état. Émile Littré insistera sur le « progrès continu de la laïcité, c’est-à-dire de l’état neutre entre les religions, tolérant pour tous les cultes », et Ferdinand Buisson, dans son célèbre Dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire de 1887 reprendra l’idée d’un état « indépendant de tous les clergés, dégagé de toute conception théologique ».


Le concordat
Concordat de 1801 organise les Églises catholique et protestante ainsi que le judaïsme : les ministres de ces divers cultes deviennent salariés, passant par là même sous la dépendance du pouvoir politique. Le catholicisme n’est plus une religion d’état, mais il retrouve un statut privilégié car il est reconnu officiellement. Dans le même temps, le code pénal de 1810 fait du mariage civil le seul valable, en interdisant aux ministres du culte d’unir des personnes qui n’auraient pas produit la preuve de leur mariage civil ; l’état civil reste confié aux municipalités, tandis que le divorce est confirmé par le code civil de 1804.
La Restauration proclame : « Chacun professe sa religion avec une égale liberté. », tout en redonnant au catholicisme son statut de « religion de l’état », les autres cultes gardant leur statut antérieur. Le divorce est interdit. Les organisations catholiques régissent la vie sociale.
La lutte contre l’Église catholique devient alors le combat pour la liberté et la justice sociale.
Des manifestations anticléricales se multiplient. La monarchie de Juillet fait quelques pas : l’égalité des cultes est mieux respectée ; les ministres du culte israélite sont rémunérés ; une certaine émancipation de l’École vis-à-vis de l’Église est réalisée avec la loi Guizot de 1833 sur l’enseignement primaire : chaque commune doit ouvrir une école publique
Après la révolution de février 1848, la peur des luttes ouvrières radicalise la bourgeoisie : elle voit désormais dans le recours à l’Église un rempart contre la révolution sociale.
L’expression de cette alliance est la célèbre loi Falloux de 1850, qui accorde la liberté de l’enseignement secondaire, ce qui favorisera le développement de collèges privés, presque tous catholiques. En contrepartie, la loi limite à 10 % des dépenses d’un établissement privé les subventions qu’il peut recevoir des collectivités publiques. Dès 1867, Jules Simon et Gambetta préconisent la séparation des églises et de l’état et la suppression du budget du culte, la majorité des républicains au pouvoir sont pour la conservation du régime concordataire.
En 1901, la loi sur les associations est promulguée avec interdiction aux congrégations d’enseigner. Enfin, la séparation des Églises et de l’état est proclamée par la loi du 9 décembre 1905, votée à une majorité de 341 députés contre 233 et 181 sénateurs contre 121. Aristide Briand, rapporteur de la loi, déclare que le nouveau régime des cultes « ne saurait opprimer les consciences ou gêner dans ses formes multiples l’expression extérieure des sentiments religieux ».


La loi de séparation de 1905 ne définit pas ces valeurs mais fixe les relations entre la république et la religion.
La loi du 9 décembre 1905 ne comporte pas de référence explicite à la laïcité, mais elle sera le pilier des institutions laïques. Elle pose le principe de la liberté de religion et de culte des personnes et des communautés garanti par l’État. Chaque église peut s’organiser suivant son droit propre. Par ailleurs, le principe de l’autonomie de l’état vis-à-vis des religions implique qu’aucun culte ne soit plus « reconnu », c’est-à-dire privilégié ou subventionné.
Les défenseurs de la loi, comme Jaurès ou Briand, entendent en faire une loi d’apaisement. La séparation est amiable : ainsi, plus de 30 000 édifices religieux appartenant aux communes sont mis gratuitement à la disposition des cultes contre l’opinion de certains laïcs plus intransigeants. Elle aurait donc pu être acceptée par les catholiques comme elle l’était par les protestants, mais l’opposition du pape Pie X empêche l’accord : l’encyclique Gravissimi officie affirme qu’il s’agit d’une « loi non de séparation mais d’oppression ». IL faudra attendre 1923 pour que le pape Pie XI adopte une attitude plus conciliante et accepte que le culte catholique soit régi par des associations cultuelles, que le Conseil d’état reconnaît conformes à la loi. Malgré cela, l’Assemblée des cardinaux et archevêques de France condamnent en bloc les « lois de laïcité » jugées contraires « aux droits formels de Dieu et aux intérêts temporels et spirituels de l’Église ». La loi de 1905 marque une étape historique : l’état renonce à son pouvoir sur les Églises et celles-ci ne doivent plus intervenir dans le fonctionnement des institutions. Rappelons toutefois que ce régime ne s’applique pas à l’Alsace-Moselle, qui avait gardé sous le régime allemand l’essentiel du droit français antérieur à 1871. Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, la séparation est toujours contestée par l’épiscopat.
La laïcité est remise en cause sous le régime de Vichy, qui favorise l’enseignement catholique, reconnaît les congrégations et subventionne l’école privée. Ces mesures viennent conforter la politique familiale du Maréchal. À la Libération, le combat laïque reprend toute sa force.


La citoyenneté dissociée de la Croyance
La laïcité, inscrite dans la Constitution depuis 1946, puise sa source principale dans la philosophie des Lumières. Elle induit une conception particulière de la relation du religieux au politique, conception qui a évolué dans sa formulation, mais qui, fondamentalement, repose sur deux principes : la liberté de conscience, qui impose à l’état de ne pas intervenir dans les convictions de chacun ; l’égalité de tous devant la loi, quelle que soit la religion de chacun. Le premier principe s’est traduit, historiquement, par la séparation des Églises et de l’état ; le second suppose l’égalité de traitement entre les différentes cultures. La laïcité implique la dissociation entre citoyenneté et confession.

La loi de 1905 :

Article 1 : La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules conditions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public.
Article 2 : La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte.

Concrètement on peut désormais être religieux, agnostique ou athée sans être favorisé ou défavorisé.
La loi de 1905 fut un moment fort de l’histoire des libertés en France
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Aujourd’hui comme hier l’ALCH, en lien avec notre Fédération Départementale et le Ligue de l’Enseignement, nous avons l’ambition de contribuer à l'émancipation sociale et intellectuelle, et à la formation civique dans le cadre de l'éducation permanente. Notre action s’articule autour des valeurs de justice sociale, de démocratie, de paix et de liberté indispensables au « vivre ensemble ».

D'après les articles publiés dans «La laïcité en questions» cahier n° 2 et autres textes ALCH.